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mercredi 18 septembre 2013

My own private giallo

Août 2009. J'atterris à Brooklyn, Nostrand Avenue pour y suivre une formation de cinéma. Principe actif : réaliser 3 courts-métrages privés de son in, l'histoire devra donc s'offrir sous les traits d'un clip musical.

Devant être écrits quasiment pour le lendemain, l'exercice se révèle drôle parce que m'obligeant à une urgence de tous les instants, mère d'improvisations stimulantes. Matériel loué pour la journée, staff volatile, comédiens à l'état liquide, temps savonneux qui vous file entre les doigts... Résultat, avec quoi, 2 ou 3 prises valables en près de 4 heures de tournage, tout le monde s'éparpille dans la rue comme un vol de chauve-souris à la tombée de la nuit. Je reste seul dans l'appartement avec le matériel et mes idées... 

Et bien vous le croirez ou non mais c'est alors que va commencer l'une des nuits les plus délectables de ma petite vie remémorée. Parce que je suis seul à tousser, régler la lumière, m'invectiver, positionner la caméra sur un pied, boire une bière, faire le comédien quand c'est nécessaire, finir un paquet de Marlboro, être pris d'un fou rire... avec une pensée, toujours, pour l'inspirateur et créateur de ce genre où le personnage principal apparaît d'abord par morceaux (mains, gants, visage mangé par l'obscurité), Dario Argento


Voilà pour la genèse qui fut une expérience que je n'oublierai jamais, même sous la torture. D'ailleurs en le regardant on peut s'amuser à identifier les plans qui sont réalisés par une tête brûlée au coeur de la nuit new-yorkaise.

Et l'histoire dans tout ça ? Je suis parti d'une idée farfelue : un novice italo-américain entre par la fenêtre chez une victime désignée, chargé qu'il est de maquiller le meurtre de cette dernière en suicide. Appliqué comme pour un entretien d'embauche, il sait au moment de quitter les lieux du crime déguisé, sur le pas de la grande porte, qu'il n'a pas droit à l'erreur. Mais tout s'enraye en 3 petites minutes lorsqu'il réalise en bas de l'immeuble que son téléphone portable est resté bien au chaud à l'intérieur. Enfermé dehors, impossible pour lui d'y revenir, prisonnier qu'il est de son funeste destin d'outsider aux mains trop moites...



Parmi les musiques qui m'ont inspiré, l'inénarrable Nelson Cavaquinho. Respeito.




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